Tideland

Tideland
Film brittanique. 2005. 1h57.
Sortie : 28 Juin 2006
Réalisateur : Terry Gilliam
Avec : Jodelle Ferland (Silent Hill, Case 38), Janet McTeer (Velvet goldmine, Le fantôme de Sarah Williams), Brendan Fletcher (Campin Car, 88 Minutes, Freddy vs Jason)
Genre : Fantastique, Drame
Histoire :Lorsque sa mère meurt d'une overdose, la petite Jeliza-Rose part s'installer dans une vieille ferme avec son père, Noah, un rocker héroïnomane qui a connu des jours meilleurs. Afin d'échapper à la solitude de sa nouvelle maison, Jeliza-Rose s'évade dans un monde imaginaire.
Pour lui tenir compagnie, Jeliza-Rose n'a que les têtes de quatre poupées qui ont perdu leur corps... jusqu'à ce qu'elle rencontre Dickens, un jeune homme ayant l'esprit d'un garçon de dix ans. Vêtu d'une combinaison de plongée, il passe son temps caché dans une carcasse d'autocar, son "sous-marin", attendant de capturer le requin géant qui habite sur la voie ferrée. Dickens a une grande soeur, Dell, une sorte de fantôme vêtu de noir qui se dissimule constamment sous un voile d'apiculteur.
Pour Jeliza-Rose, le voyage ne fait que commencer...
Mon avis :6,5/10. Après l'égarement "pop-corn" qu'était les Frères Grimm, Terry Gilliam revient aux ingrédients qui ont fait sa force et son succès par le passé : son indépendance, sa fantaisie, son ironie et son grain de folie. Tideland représente un véritable retour aux sources pour le cinéaste après une décennie difficile suite à Las Vegas Parano suite à l'inaboutissement de son projet de Don Quichote et suite à l'échec des Frères Grimm. Pour autant on ne peut pas dire qu'il s'agisse du film qui permettra le véritable come-back du Monthy Python sur le devant de la scène, tant il est loin de faire l'unanimité (d'où un échec public certain) à cause d'une bonne dose de défauts ma foi bien dommageable, qui entravent le bon fonctionnement d'une histoire pourtant remplie de qualités.
Commençons d'abord par les points positifs de Tideland qui se ramassent tout de même à la pelle. L'histoire est d'une force incroyable, son double sens de lecture séduira les plus petits emportés par la féerie de l'oeuvre et effrayera les adultes qui eux se rendent vraiment compte des tenants et des aboutissants de l'aventure morbide de la petite Jeliza-Rose, sorte d'Alice aux pays des ténèbres. Il s'agit d'une jeune fille qui vient de perdre coup sur coup son père et sa mère et qui se retrouve dans la demeure abandonnée de sa grand mère au milieu des champs entourée d'étranges voisins, dont on ne sait pas à vrai dire si ils appartiennent au monde des morts ou des vivants. Cette petite là a héritée de la schizophrénie latente de sa mère, une excentrique torturé par le sentiment contradictoire d'amour et de haine qu'elle ressent pour sa fille, et l'imaginaire très riche de son père (le retour de Jeff Bridges devant la caméra de Gilliam), un héroïnomane très touchant dans sa relation avec Jeliza-Rose. L'aspect schizophrénique donne lieu à des scènes plutôt inquiétantes où cette dernière donne véritablement vie à ses têtes de poupées, qu'elle trimballe partout, à qui elle administre des personnalitées bien différentes qui vont bien au delà du simple jeu enfantin. Pour ce qui est de l'imaginaire, la jeune demoiselle n'est pas en reste, le fait que l'on suive son histoire à travers son point de vue d'enfant permet au spectateur de se rendre compte de l'ampleur de son imagination. Et celle-ci sied parfaitement à l'univers de Gilliam et il s'en donne à coeur joie pour la reconstituer, se rapprochant visuellement, comme jamais peut-être, d'un cinéaste à qui on le compare souvent, Tim Burton. Il le rejoint en plus dans ses thèmes abordés également, dont celui de l'enfance difficile entre naïveté, imaginaire et exposition crue à la réalité et à la mort, d'où ce mélange de fables naïves et de poésie gothique qui convient parfaitement à l'univers des deux réalisateurs. Visuellement donc, c'est une fois de plus impeccable, Gilliam nous revient avec ses prises de vues obliques, l'ivresse de sa caméra qui déambule un peu de partout d'un air hésitant, sa photo splendide dans des tons de couleurs pales jaunies et le bric à brac de ses décors fourrés de petites choses complètement folles et qui pour le coup correspond parfaitement avec la vision simpliste mais haute en couleur d'une enfant. Et il ne faut pas s'y tromper, cette imaginaire effrené crée de main de maitre par Terry Gilliam, fait une fois de plus la force de son oeuvre.
Il ne faut pas non plus oublier les réfléxions que le film exerce sur l'enfance, une période de la vie qui décidement obsède Gilliam et ne cessera surement jamais de l'obseder. Il l'aborde pour la première fois depuis Bandits, Bandits de manière si frontale, en épousant le point de vue d'une enfant et quel enfant, puisqu'il s'agit de la jeune Jeliza-Rose interprété de main de maitre par l'éblouissante Jodelle Ferland sur qui repose le film tout entier et qui nous offre une performance détonnante, entrant à merveille dans son personnage telle une grande professionelle tout en gardant une spontanéité hors du commun. La prépondérance de l'enfance apparait également à travers la galerie de personnages très enfantins existant déjà dans l'oeuvre littéraire dont est tiré le film. D'abord les parents de Jeliza-Rose font tous les deux preuves d'une grande immaturité, refusant la réalité, vivant dans un monde parallèle fait de drogues et de contes vikings, rêvant de voyages dans le pays de leur rêve. Ensuite à son arrivée à la campagne, la jeune fille va faire la rencontre d'un jeune adulte attardé qui n'a en réalité qu'une dizaine d'années d'age mental et avec qui elle va connaitre sa première idylle. La grande soeur de celui-ci, sous ses aspects de sorcière, cache quant à elle des maux enfantins très douloureux. A l'instar de la jeune Jeliza-Rose, elle refuse de voir un parent mourir, ainsi elle a empaillé sa mère pour qu'elle reste à ses côtés dans son lit pendant que la jeune Jeliza elle s'amusait avec le corps de son père, en le maquillant, le peruquant et même en le découpant pour le soigner, qu'elle pensait endormit. Ainsi Gilliam nous met en face de l'enfance la vrai, quelque part entre conscience et innocence, paradis et enfer, naviguant entre l'imaginaire et la réalité souvent crue et marquée par la mort.
Oui mais voilà, tout n'est pas aussi réussit que l'esthétique, l'interprétation et la réfléxion du film. L'histoire un peu vague parait sans véritables aboutissements, on assiste à un manque d'intrigues, la poésie effectue son bout de chemin pendant un temps mais la seconde heure s'avère plus pénible à suivre. Le fonctionnement en vase clos, la redondance des situations dans ce petit périmètre amène un certain ennui chez le spectateur et ceci malgré les zones d'interêts de l'oeuvre. Comme il en a pris la facheuse habitude, tout au long de sa carrière de cinéaste, Gilliam a tendance à perdre son spectateur en court de routes, et même si bons nombres de séquences s'avèrent indispensable, le film aurait gagné en fluidité si il avait subit quelques coupes. Enfin si on admire la manière dont le réalisateur fait monter l'inquiétude chez son spectateur, jusqu'à le rendre complètement mal à l'aise, en partant d'un conte à priori doux et naïf, on ne peut s'empêcher de lui reprocher de vouloir faire naitre l'impossible. Il souhaiterai que tous les spectateurs adoptent un regard d'enfant sur Tideland alors qu'en réalité il s'avère complètement impossible pour un adulte de faire cela, c'est d'ailleurs d'ici que nait le principal malaise. De faites la relation amoureuse qui nait entre la jeune fille et l'adulte attardé, bien que totalement enfantine, nous fait craindre le pire, et ceci s'apparente à une simple provocation quelque peu gratuite. Alors que dans le même temps, le traitement morbide des défunts, même si lui aussi s'avère bien dérangeant, se trouve beaucoup plus légitime que la relation pédophile.

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# Posté le dimanche 08 juillet 2007 11:59
Modifié le lundi 09 juillet 2007 09:20

Brazil

Brazil
Film brittanique. 1985. 2h25.
Sortie : 20 Février 1985
Réalisateur : Terry Gilliam
Avec : Robert De Niro (Angel Heart, Departed 2, 36), Jonathan Pryce (Baron Munchausen, Pirates des Caraïbes, Stigmata), Kim Greist (L'incroyable voyage)
Genre : Comédie dramatique
Histoire :Dans un monde sous haute surveillance, Sam, employé fidele mais peu ambitieux du ministère de l'Information, se refugie dans ses rêves, seule parade autorisée car invérifiable.
Mon avis :9/10. Un après midi d'été, Terry Gilliam se prélasse dans la ville cotière de Port Talbot où il "admire" le complexe industriel de la ville, qui fourmille d'usines grisatres, quand tout à coup le celèbre hit bossa nova des années 30 de Arry Barroso, Brazil, passe à la radio. Le contraste est total, l'esprit du cinéaste s'illumine, il voit en cette chanson l'unique échapattoire à l'oppression que représente l'univers industriel dans lesquel il navigue. Quelques emcablures plus loin, ayant muri son idée, il réussit à convaincre, après une soirée bien arrosée, un producteur de la Warner de produire son projet loufoque et osé. Cette signature quelque peu forcé aura plus tard des repercussions et donnera naissance à un conflit ouvert entre la boite de production et le cinéaste, qui se verra retirer le final cut et ne verra son oeuvre que diffusé dans un très faible réseau. Tout ça pour dire que la vie d'un film culte tel que Brazil ne tient souvent qu'à un fil, à une simple chanson, à quelques verres de trop ou à une décision punitive des studios qui en réalité créera un buzz énorme autour de l'oeuvre, la clandestinité de certaines séances director's cut nourrissant un peu plus le culte d'un film qui se suffit à lui même. En effet même sans toute l'effervescence qui entoura la sortie du film et sans tout les coups du sort qu'il connu, Brazil aurait sans aucun doute connu un identique succès critique tant il s'avère être une oeuvre unique, d'une richesse incroyable, qui a certes un peu vieillit depuis vingt ans, mais dont la poésie et la force du message reste intact et plus que jamais d'actualité.
Le film se présente comme une oeuvre d'anticipation fortement inspiré du 1984 d'Orwell pour sa vision dictatorial et bureaucratique de la société, d'abord, puis dans l'aspect même de l'histoire qui met en scène un employé modèle qui va se retrouver lancé dans une romance impossible avec une terroriste infiltré qui va lui faire découvrir, pendant de brefs instants, le véritable sens de la vie, mais qui va être aussi l'objet de sa perte. Cependant malgré les similitudes entre les deux oeuvres, on se rapproche plus de l'hommage que du plagiat, puisque Gilliam a su parfaitement imposer son style si particulier. D'abord on remarque, son fondamentale rapport à l'oeuvre de Kafka à travers l'omnipotence de la bureaucratie, composée de milliers de fonctionnaires ternes et désincarnés, totalement aliénés par leur travail, qui se retrouvent paradoxalement livrés à eux-mêmes et indivualisés par cette massification des individus. L'écrasante oppression de ce système plongent les individus qui le composent amènent à une certaine deshumanisation de ceux-ci, ils ne font ressortir que très peu d'émotions de leur être. Comme chez Kafka, le personnage principal, qui au départ nous est présenté comme un bon pion dans la société, va subir une terrible descente dont il ne pourra se relever. Ironiquement Gilliam a établit comme point départ de son cauchemar kafkaïen, le rêve que Sam Lowri effectue toute les nuits, dans lesquel il vole à la poursuite de la femme de sa bien-aimée dont il est sur qu'elle existe dans la réalité, Une petite touche onirique qui résonne comme le seul espoir et la seule raison de vivre dans la vie morose de Sam. Puis un beau jour notre ami va rencontrer la femme de ses rêves par un incroyable quiproquos qui va en appeler d'autres. L'univers fantaisiste de Gilliam va dès lors parfaitement s'accorder avec l'esprit surréaliste de son oeuvre, de par l'enchainement insensé de ses malentendus qui vont faire de Sam un complice de terroriste et un ennemi de l'Etat.
On remarque que finalement l'influence de Kafka va dépasser celle d'Orwell qui apparait pourtant clairement à première vue. Brazil se dégage de toute autre oeuvre d'anticipation, à tel point qu'on peut douter de son appartenance à ce genre. En effet alors que la plupart de ces productions s'ancrent parfaitement dans un futur proche dans lesquel une révolution aurait, consécutif à nos sociétés actuelles, auraient chamboulés les modes de vie, ici on semble plutôt être dans une réalité plus que d'actualité, on est pas dans une dictature mais plutôt dans une démocratie virant de plus en plus vers le totalitarisme et l'autodestruction. L'ancien Monthy Python va s'en donner à coeur dans la création de son univers intemporel, que l'on pourrait croire futuriste à la vue de gadgets modernes qui y fourmillent, mais qui en même temps utilise une imagerie très retro avec des décors et des costumes parfois très haut en couleurs quand on se trouve en dehors des univers industriels à tendance grisatre. Les images sont bourrés de détails, pas mal d'incrustrations burlesques sont effectuées, le travail de photo est extraordinaire et particulièrement nuancé alors que la mise en scène est plus que jamais un délice. Pour une première oeuvre le cinéaste se révèle être quasiment au sommet de son art, mettant en avant ses facilités techniques (usant et abusant de travellings avants et arrières) et son gout du détail dans la mise en scène. Malgré tout il garde une certaine sobrieté hormis sur les quelques soubresauts onirique qui préfigure de l'univers qui sera développé dans le Baron de Munchausen. En plus de cela il bénéficie d'un excellent casting, éclaboussé par la seul interprétation de Jonathan Pryce, qui réussit le petit exploit de faire oublier la prestation de Robert De Niro, qui joue parfaitement de son charme naturelle duquel se dégage une innocence certaine. Avec tous ces atouts en poche, Brazil s'impose comme un film unique et inclassable, marqué par sa noirceur visionnaire, son côté glauque et son pessimisme d'un côté mais aussi par sa décharge d'éléments émotionnels, qui se dégagent d'un autre côté, de par son aspect poétique, romantique, onirique et loufoque. Une oeuvre pleine, la meilleure de Terry Gilliam à ce jour, avec en prime une fin somptueuse, ce que le cinéaste brittanique ne peut se targuer de réussir à chaque coup.

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# Posté le dimanche 08 juillet 2007 12:03
Modifié le mercredi 01 août 2007 14:53

L'armée des 12 singes

L'armée des 12 singes
Film américain. 1995. 2h10.
Sortie : 28 Février 1996
Réalisateur : Terry Gilliam
Avec : Bruce Willis (Die Hard 4, 6ème sens, 5ème élément), Madeleine Stowe (Mafia love, Short Cuts, Dernier des mohicans), Brad Pitt (Babel, Snatch, Seven)
Genre : Thriller, Science-Fiction
Histoire :Nous sommes en l'an 2035. Les quelques milliers d'habitants qui restent sur notre planète sont contraints de vivre sous terre. La surface du globe est devenue inhabitable à la suite d'un virus ayant décimé 99% de la population. Les survivants mettent tous leurs espoirs dans un voyage à travers le temps pour découvrir les causes de la catastrophe et la prévenir. C'est James Cole, hanté depuis des années par une image incompréhensible, qui est désigné pour cette mission.
Mon avis :8/10. Une des toutes meilleurs productions de science-fiction qu'on est pu voir, L'armée des 12 singes s'inscrit aussi bien dans la case anticipation que dans la case voyage dans le temps. Inspiré du moyen métrage (qui se révèle plutôt être un roman-photo monté et mise en musique) de Chris Marker, La Jetée, pièce maitresse de l'anticipation, "12 Monkeys" se présente comme une oeuvre forte, une oeuvre à la fois, à part dans la filmographie de Terry Gilliam et à la fois dans la droite lignée de son chef d'oeuvre Brazil. Il s'agit d'abord, certainement, de l'un des films de l'ex-Monthy Python des plus hollywoodiens. Il s'agit à première vue d'un thriller futuriste basique, divertissant, misant beaucoup sur son action, qui nous offre une historie à rebondissements avec de jolis retournements de situations. Ceci tend à se confirmer quand on s'aperçoit que les têtes d'affiche du film sont nuls autres que Brad Pitt et Bruce Willis, le premier étant à l'époque l'étoile montante et glamour d'Hollywood alors que le second était le pilier de l'action grâce à la trilogie Die Hard. Esthétiquement aussi, on ne décèle pas à priori la patte Gilliam, l'exercice est bon, fluide mais semble manquer de folie, de décors hauts en couleurs et de petites fantaisies qui faisait tout le charme de Fisher King ou du Baron de Mauchaussen. Toutefois à certaines reprises on retrouve avec grand plaisir son style si typique, comme ces plans obliques qui sied parfaitement lors de la visite dans l'hôpital psychatrique pour épouser la folie qui règne dans ces lieux. Mais pour le reste ça reste plutôt classique, très appréciable, avec de bonnes mises en scènes, des couleurs bien travaillés de même que les décors, mais rien de très personnel.
En réalité Gilliam a parfaitement réussit son camouflage, il a répondu à tous les codes du blockbuster américain, a touché le budget qui va avec ce genre de productions, tout en respectant son intégrité, sans mettre les deux pieds dans le plat de pop-corn, certainement de peur de se faire engluer par le caramel. Malgré donc les apparences, que ce soit dans la mise en scène, les têtes d'affiches (toutes deux impeccables dans un film majeur de leur carrière) ou dans la trame scénaristique de visu convenue, Gilliam développe à travers ce film bon nombres de thèmes qui lui tiennent à coeur et il incorpore une bonne dose de noirceur et de pessimisme, comme il aime le faire, derrière son happy-end qui n'en est pas un. Rarement on aura vu un blockbuster aussi sombre, l'ambiance semble toujours très tendu, on a pas le droit à un retournement de situation miraculeux dans cette science-fiction d'apocalypse, comme il en existait beaucoup dans les années 50-60 à défaut qu'ici point de note d'optimisme. La fatalité, du à la propagation finalement inempechable de l'épidémie, et la folie, qui passe par les pulsions meurtières du héros et l'incompréenssion générale des individus entre eux, ne laissent guère de place à l'optimisme dans cette affaire, même si au final on nous fait penser qu'on pourra trouver un virus, les dégats collatéraux engendrés par l'épidemie seront irréparables. Le scénariste a parfaitement su garder l'esprit de La Jetée, très pesante et pessimiste avec une petite dose de romantisme, s'inspiré de la trame de départ tout en la modelant au gout du jour, en y instaurant la menace terroriste notamment (qui permet ici au véritable coupable de faire détourner les yeux de sa personne) et en y injectant les thèmes forts de la filmographie de Gilliam. Ainsi on retrouve pointer du doigt les entraves des sociétés capitalistes avec la menace d'un virement totalitariste, le danger qui accompagne les progrès de la science et leur importance grandissante au niveau mondiale. Et de manière moins engagé et plus personnel on retrouve développé les thèmes de l'onirisme, de l'enfermement, de la folie ou bien encore de l'amour.

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# Posté le dimanche 08 juillet 2007 12:07
Modifié le mardi 10 juillet 2007 08:06

Les aventures du Baron Munchausen

Les aventures du Baron Munchausen
Film américain. 1988. 2h04.
Sortie : 8 Mars 1989
Réalisateur : Terry Gilliam
Avec : John Neville (Oscar Wilde, 5ème élément, Spider), Jonathan Pryce (Le temps de l'innocence, Ronin), Sarah Polley (Loin d'elle, The secret life of words, Don't come knocking)
Genre : Aventures
Histoire :Le siecle des Lumieres. Une ville s'apprete a succomber sous les assauts des Turcs. Seul le theatre royal est encore debout ou comediens et machinistes s'echinent a donner un spectacle potable mais invariablement hue par les spectateurs. Ils donnent ce jour-la "les Aventures du baron de Muchausen" quand au beau milieu d'une scene, un vieillard se leve et revendique l'identite du baron de Munchausen. Il propose alors aux habitants incredules de chasser les Turcs. Pour ce faire, il leur demande de l'aider a retrouver ses quatre anciens compagnons d'aventures.
Mon avis :6,5/10. Hommage à l'enfance et à l'imaginaire, les aventures du Baron de munchausen est l'adaptation très monthy pythoniesque du conte original allemand de Rudolf Erich Raspe publié au 18ème siècle, par l'illustre Terry Gilliam, qui nous offre pour l'occasion l'une de ses oeuvres la plus déjanté. Si le baron avait été utilisé par les cinéastes de propagande nazi sous le IIIe Reich, Gilliam lui redonne sa noblesse, en lui faisant honneur tout en lui injectant une bonne dose de folie. Sorte de super-héros de la littérature ancienne, le Baron Munchausen s'avère en effet plutôt fêllé surtout quand il se met à raconter ses exploits aussi incroyables qu'incredibles auprès de son auditoriat. En effet comment croire en ses récits abracadanbrantesques dans lesquels il se tire des pires panades. Pas étonnant alors qu'il soit alors purement et simplement parodié par une troupe de théatre de pieds nickelés allemande, chargée de distraire la population allemande qui subissait alors les assauts turcs. Pour retrouver son lustre d'entant, le baron est bien décidé à repousser l'ennemi turc malgré le poids des années qui pèsent sur sa carcasse et le défaitisme apparant de la population. Il convaincre à celle-ci de resister aux assaults pendant que lui accompagner de sa jeune lieutenante, invitée surprise, aillent chercher son équipe de mercenaires qui possèdent tous un pouvoir bien spécifique (une vue incroyable, une vitesse incroyable (un Flash Gordon avant l'heure), un souffle capable de repousser une armée entière,....). On part donc en leur compagnie pour vivre de fantastiques aventures complètement féerique dans des décors incroyables, naviguant de monde en monde sans le moindre soucis, avant de faire un retour fracassant sur la Terre.
L'ensemble s'avère être très divertissant, très enfantin et complètement magique. Ceci est notamment permis grâce à l'application à la mise en scène de Terry Gilliam, qui a réussit en compagnie de son équipe technique, à créer un univers absolument hors du commun, avec des décors en cartons-pates d'une incroyable efficacité, dans une athmosphère très influencée par les artistes surréalistes, usant des disproportions et des déformations avec amusement. Tout ceci s'accorde parfaitement avec l'absurdité de l'histoire que Gilliam prend très au second degré, il n'hésite pas à se moquer de ses héros vieillissants, l'aspect déjanté du cinéaste prend très largement le film, l'humour est omniprésent, donnant pas mal de légèreté à l'aspect aventures de l'oeuvre qui elle s'avère plutôt convenu. Pour cela il peut compter sur des acteurs de talents tel que l'incroyable John Neville qui tient parfaitement son rôle de baron excentrique, de même que la toute jeune Sarah Polley arrive à lui tenir le crachoir avec délice. Concernant les messages cachés dont recelles chaque oeuvre de Gilliam, l'éloge de l'enfance éternelle et l'apologie de l'imaginaire se retrouvent, une fois encore, au premier plan. Le baron encore animé de cette fougue de la jeunesse va retrouver espoir, grâce à l'enfant qu'il l'accompagne, et va le propager d'abord à la population avant de refiler tout ça à ses anciens compagnons d'aventures qui étaient allés se morfondre aux quatres coins de l'univers. Ainsi il oppose la liberté et l'imaginaire de l'enfance à la buraucratisation et à la rationalisation du monde moderne qui prend les traits du chef de la ville assiégé. Après malgré toutes ses qualités et l'interêt de sa seconde couche de lecture, le Baron de Munchausen a quelque peu vieillit, l'ensemble n'est pas si fluide même pour le côté divertissement, et cette oeuvre restera comme mineur dans la carrière de Gilliam malgré tout.

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# Posté le dimanche 08 juillet 2007 12:11
Modifié le lundi 09 juillet 2007 10:23

Fisher King

Fisher King
Film américain. 1991. 2h15.
Sortie : 2 Octobre 1991
Réalisateur : Terry Gilliam
Avec : Jeff Bridges (Tideland, Big Lebowsky, Tron), Robin WIlliams (Jack, Hamlet, Will Hunting), Amanda Plummer (Pulp fiction, Ken Park, Sept jours à vivre)
Genre : Comédie dramatique
Histoire :Jack, cynique et célèbre présentateur de radio en rupture de ban, est sauvé de l'attaque d'une bande de loubards par Henry, clochard ex-professeur de lettres, dont la femme fut la victime d'un auditeur trop attentif de Jack. Ensemble ils partent à la recherche du bonheur...
Mon avis :7/10. Certainement pas le plus déjanté des Gilliam, à vrai dire il s'apparente plus à son plus conventionel, Fisher King n'en pas moins une réussite, loin d'être son meilleur film peut-être, mais loin aussi d'être son pire essai cinématographique. Si il réside ça et là toujours de bonnes doses de fantaisies typique du cinéaste, l'histoire reste plus gentille et moins glauque que le reste de sa filmographie. Ce film là se présente réellement comme un joli conte contemporain qui traite du bonheur, de l'amitié, de l'amour et de la tolérance, sans pour autant qu'on tombe biensur dans le conte de fée niais, Gilliam y apportant son humour et une bonne dose de noirceur. Et c'était pas forcément gagné d'avance cette histoire, en effet bons nombres de cinéastes se serait cassé les pattes sur ce genre de projet en tombant, à coup sur, dans une niaiserie et une mièvrerie affligeante. Le terrain se prêtait largement à ce genre d'approche tireuse de larmes. Gilliam a su parfaitement s'en détacher, limitant au maximum le pathos dégagé par l'histoire, gardant toujours son éternel humour quand il s'agit de traiter des thèmes graves, tel que la folie, la perte d'un être cher, la dépression, ou bien quand il nous présente des personnages misérables que ce soit à travers leurs conditions de vies ou à travers leur état mental ravagé. Ainsi Gilliam transforme un mélo démago en un conte moderne fantaisiste et philosophique, donnant vraiment de la teneur à son récit contant l'improbable rencontre d'un animateur de radio, cynique, matérialiste et nombriliste, et d'un vagabond schizophrène, qui vont établir une amitié salvatrice, pour eux, qui vont trouver l'un en l'autre leur graal.
C'est donc dans le traitement de son histoire que Gilliam nous démontre toute son habilité. Il n'y a finalement pas de magie mièvre dans son histoire d'amitié, le changement de personnalité du personnage central, Jack (tenu par un excellent Jeff Bridges), l'animateur radio, ne se fait pas du jour au lendemain, son caractère cynique, nombriliste et matérialiste, ne change pas d'un instant à l'autre. En effet si il s'intéresse d'abord à ce clochard fêllé, qu'est Henry (Robin Williams dans une de ses plus grandes performances), c'est avant tout pour se racheter une conscience et une conduite quite à sa descente aux enfers (perte de job + chute dans l'alcool), étant responsable indirect de la mort de la bien-aimée de celui-ci, jadis professeur universitaire, qui à cause de cet incident sombrera dans un délire schizophrénique qui le menera dans la rue. Mais la recherce identitaire de Jack s'avère beaucoup plus difficile que prévu, il ne tardera pas à retomber dans les travers de sa vie d'avant une fois ayant accomplit la remise sur pied d'Henry qu'il aida à conquérir la femmme qu'il épiait depuis si longtemps. C'est n'est qu'une fois au contact de sa vie d'avant qu'il se rendra compte de la superficialité de cette vie qui finalement lui apporte pas le bonheur. Une illumination qui ne viendra qu'en bout de film, laissant l'ouverture à l'un des rares happy-end de la filmographie de Gilliam, et qui conclut à merveille l'évolution psychologique du personnage de Jack traité de manière très réaliste dans un monde pourtant plein de fantaisie.
En effet si ce film là s'avère plus terre à terre que le reste de l'oeuvre de Gilliam, il n'en demeure pas moins qu'il est bordé de fantaisie de part d'abord son aspect conte moderne. Le cinéaste n'hésite pas à intégrer une bonne dose d'imagerie parabolique, comme le fameux chevalier rouge ou le graal, émanant bien souvent de la perception de la réalité du clochard qui on l'a dit est torturé par ses délires schizophréniques. Si ce n'est pas la première fois qu'il aborde le thème de la folie, le monthy python se sert pour la première fois de ses plans bancals pour l'exprimer. Visuellement on ressent tout de suite la patte Gilliam, sa mise en scène participe beaucoup à l'impression fantaisiste qu'on peut ressentir à travers cette histoire à priori plutôt classique. Il se sert de tout son savoir-faire afin de démarquer un maximum son oeuvre du standart d'Hollywood, tout en gardant cette fois-ci un schéma narratif et un déroulement de son histoire étonnament classique qui seyait à merveille aux productions hollywoodiennes.

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# Posté le dimanche 08 juillet 2007 12:14
Modifié le mercredi 01 août 2007 08:42